Historique : du commencement à la situation actuelle

 

 AU COMMENCEMENT : « Club Des Supporters Marseillais », le CSM 

Lettre d’avril 1972 expliquant les tout débuts et les démarches de M. Jacques Pélissier (1942-2006) pour devenir officiellement un groupe de supporters de l’OM suite aux conseils et l’aide des Présidents du Club de Supporters de Nimes Olympique et de Nancy-Lorraine, du Président de la Chambre Syndicale des débitants de boissons... (courrier du 27-04-1972)

Le mois suivant, M. Pélissier crée officiellement l’association « Club des Supporters Marseillais » le 8 mai 1972 (récépissé pref). Et communique les buts de l’association à tous les amis du football (courrier du 12-05-1972)
L’association commença avec 364 adhérents.
Lors de sa première année d’existence, le CSM organisa 12 déplacements, dont l’un à l’étranger à Turin, avec pour une « première » un déplacement en train pour OM/BORDEAUX en 1972 (organisation om-bdx)
Après sa première année d’existence, un bilan positif (compte rendu AG en juin 1973)
En 1974, le CSM occupe un des sièges du conseil d’administration de l’OM, suite aux nouveaux statuts de l’OM avec une innovation où les socios et supporters sont admis comme membres associés
Le CSM crée ses premières sections : istres, lavera, tarascon et cavaillon.
En 1976, 1er déplacement organisé en TGV pour la finale et création de la 1ère écharpe de supporter en 1976 (Ses motifs : zig zag et la Bonne Mère) à l’occasion de cette finale. Cela fait 40 ans qu’elle existe et elle a été reprise par des supporters d’autres équipes comme : Montpellier, Nancy, Strasbourg
Quelques exemples d’aide que le CSM a apporté à l’OM : Appareils de musculation, participations à la Foire, dons, déplacements, affiches, argent (69.330 francs en 6 ans)
En 1981, M. Cuny avait annoncé qu’il avait besoin de 15.000 francs pour la rénovation de la Villa du Centre de Formation. Le CSM a obtenu 16.950 francs qui ont permis à la réalisation des travaux.

 


 LA TRANSITION : du CSM au CCS « Club Central Des Supporters » 

A la demande du Comité de Gestion Professionnel de l’OM, le club des Supporters Marseillais a accepté de s’intégrer à la vie associative de l’OM dans les conditions arrêtées en commun lors de la réunion de travail en janvier 1982. Le CSM devient alors le CCS en mars 1982 à la demande du Président Carrieu.

LES ANNEES 80
A l’époque, la vie associative de l’OM était répartie en 5 composantes:
CCS, OMA, Amicale des Anciens, Association des Parents de Jeunes Joueurs, Club service.
Ces associations participaient :
- aux réunions de la commission sociale : problème de formation dans les clubs professionnels, création du CAP des Métiers du Football, recherche d’emplois pour certains joueurs de la section amateur…)
- aux réunions du Comité directeur de l’OM
- aux réunions du Comité Central de la Vie Associative
Ainsi qu’à toutes les manifestations officielles du club.
La Vie associative rassemblait à elle seule en 1984/85, 1549 adhérents. Le CCS représentait plus de 70% du nombre de ses membres, à aider activement.
Une centaine de réunion se tenait dans la saison pour assurer le fonctionnement :
- cartes permettant aux membres du club de bénéficier de divers avantages : priorité abonnement, location prioritaire, réduction sur le prix d’entrée des matches de jeunes…
- nouveaux locaux dans l’enceinte du stade pour l’organisation de la location pour les membres associés.
- tournoi de jeux de société
- lotos
- stands à la Foire de Marseille
- participation à « l’olympien du mois » patronné par le Provençal et Pastis 51
- diffusion des matches
- gadgets et service promotion assurés par le CCS et l’OMA.  


Pendant cette période, le CCS a tout mis en œuvre pour aider l’OM

  • Journaux / Radios :

> Au début des années 80, le CCS a eu l’idée de se rapprocher des journalistes concernés, ainsi l’association s’est occupée d’établir des contacts avec la presse locale pour mieux faire connaître les actions fondamentales de l’OM jusqu’alors ignorées. Suite à ces interventions, un rendez-vous a été obtenu avec le Directeur Général du Journal le Provençal, M. De Barbarin. Une collaboration se mettra alors en place pour allier les intérêts bien compris de l’OM et du Provençal.

> Rédaction « Marseille-foot » : Le Rédacteur en chef du CCS relatait en toute liberté, les échos et les informations concernant la vie du club. Et sur son initiative, un comité de rédaction avec un membre de chaque association de l’époque a été créé. En 1983/84, Sur proposition des représentants du CCS, il est décidé de lancer une campagne d’abonnement spécifique à Marseille Foot, et parallèlement avec la campagne d’abonnement pour les places. Les abonnés étaient servis par distribution au Stade Vélodrome sur présentation d’une carte Marseille Foot numérotée à cet effet aux stands des Supporters. Permanence tenue par les membres du CCS qui ont contribué à une large diffusion.

> Radios : L’image de marque du CCS s’est étendue sur les ondes radiophoniques de « France Inter » et « Forium 92 », et le CCS a eu d’excellents rapports avec les journalistes de la presse sportive.

> Le CCS en lançant la campagne « J’aime l’OM – j’aide l’OM » a pu ramener une petite somme financière pour l’OM

  • Trophée :

en 1982, le CCS avait suggéré de mettre sur pieds une remise d’Oscars, en fonction des performances des joueurs de l’équipe. La création de Trophées se concrétise le 18 janvier 1983 dans les Salons Pernod. Le Journal le Provençal, la société Pernod et l’OM y collaboreront conjointement. A l’occasion de ce lancement, il a été procédé à la désignation de l’Olympien de l’année 1982, Marc Levy, suite à un sondage effectué par le journal le Provençal. Cette organisation était mensuelle dénommée « l’Olympien du mois ».

  • Un Protocole d’accord est signé entre LE CCS, SES SECTIONS et L’OM :

M Jacques Pélissier avait déjà créé des sections et afin de les officialiser, il demanda à l’OM d’établir un protocole d’accord. Près de 80 sections fut créées dans toute la France pour promouvoir et soutenir l’OM. (protocole de 1983). Une aide considérable pour le développement de l’OM dont ils ont aujourd’hui oublié l’importance ! A chaque inauguration des sections, les dirigeants et des joueurs étaient présents.

  • Campagne d’abonnement et billetterie :

A l’époque, lors de l’étude de prix pour la saison à venir (abonnements, tarifs matches) le Comité de l’OM consultait les avis des 2 clubs de supporters CCS et l’OMA. Pour les campagnes d’abonnement, des membres du CCS assuraient une permanence, à titre bénévole, permettant ainsi la réalisation d’une économie appréciable pour l’OM. Et à partir de 1983, l’OM nous a confié l’exclusivité des réservations pour certaines travées de la Tribune Ganay, d’où de nombreuses adhésions recueillies. Le CCS vendait aussi des places pour le compte de l’OM (article vente om-lyon 26-10-1983)

  • Promotion commerciale :

Le CCS vendait des gadgets et des journaux à domicile comme à l’extérieur lorsque c’était possible (article journaux). Nous avions l’exclusivité de la vente de maillots, écharpes…L’achat se faisait directement à l’OM et le CCS reversait 75% des recettes. Nous avons commencé avec des tables de camping, puis nous avons investi dans des petites caravanes (photo), avec 4 points de vente et une palme particulière au stand situe au virage nord (sous le tableau d’affichage). Mais à partir de 1984, le CCS n’avait plus l’exclusivité de la vente des gadgets de l’OM. Exemple d’aide financière en 1985 du CCS pour l’OM : Chèque de 120.000 francs remis à l’OM représentant les 75% de son excédent de caisse + 22.270 francs offerts par le CCS (don pour l’équipement OM Professionnel et OM Gadgets) + 14.000 francs versés par l’excédent de caisse de nos sections.  

  • Places pour les matchs à l’extérieur et déplacements :

Le Comité de Gestion de l’OM considérait le CCS comme organe de centralisation des demandes de places (pour les matches à l’extérieur). Tous les déplacements extérieurs étaient confiés au CCS En 1983/84, 25000 personnes ont été transportées, 50 autocars, 7500 billets vendus. Et uniquement pour le déplacement à Lyon : 2166 billets et 800 personnes en 15 autocars au départ du siège du CCS. Et avec les sections : 23 autocars. Extrait Courrier du CAOL.

  • Création Charte des Supporters :

Suite aux écarts de comportement par certains supporters lors du match Sète-om le 17/9/83, le CCS eu l’idée de mettre en place une charte du supporter.

  • Et à la fin des années 80,

En 1987, grâce au travail de notre association, Jacques PELISSIER au nom du CCS donne à l’OM (pour le centre de formation) la somme de 1.000.000 francs, (Lettre OM) somme considérable pour l'époque. Malgré ce, les remerciements ne suivent pas, bien au contraire. M. Pélissier avait été fier de son geste malgré les réticences de certains qui auraient préférés que cet argent soit gardé dans le capital du CCS pour le faire évoluer. Seul un diplôme de remerciement a été fait envers Jacques Pélissier ! (champion de France des Abonnés).

Pendant ces années, M. Jacques Pélissier a été un précurseur pour les déplacements, il était en contact direct avec les clubs adverses pour l’achat des billets, le CCS était le seul club de supporters à les organiser.
Parents et Femmes de joueurs faisaient les déplacements avec le CCS.

L’ambiance était familiale. Les joueurs venaient voir les supporters au siège.
Les clubs adverses nous accueillaient chaleureusement en organisant des repas.
C’est grâce à M. Pélissier que le mouvement supporter a pris autant d’ampleur à Marseille, et grâce à toutes nos sections.
Sa devise, soutenir son équipe, toujours dans le respect de l'adversaire.
Il a été également un précurseur pour la vente des articles de supporter et la création de la charte des supporters.

Avec l’arrivée de Bernard Tapie, beaucoup de choses ont changé. Le CCS a perdu beaucoup d'avantages. Pendant 4 ans, il n'y avait plus de réunion du comité directeur de l'OM. L'OM ferme les yeux sur certaines choses, sur les dérives de clubs non officiiels. Bernard Tapie veut un stade animé, il veut plusieurs clubs de supporters et instaure une nouvelle politique  : diviser pour mieux régner. Les autres groupes se créent à partir de 1984. Et il permet à tous les groupes de supporters de vendre les abonnements à leurs adhérents. Quels étaient leurs intérêts à l'époque :  l'OM n'avait pas la structure et ne voulait pas gérer cette "population".
Tous les groupes de supporters ont participé ensuite à cet engouement grandissant du supportérisme marseillais. Ils ont fait du stade ce qu’il est maintenant : des tribunes toujours animées, des tifos de plus en plus magnifiques, une transmission d’une passion inégalée, comment ne pas le reconnaitre quand des personnes du monde entier souhaitent une seule chose, aller en virage pour être avec nous tous. Nous savons très bien qu’avant tout, cela se joue sur le terrain, mais sans ses supporters, l’OM ne serait pas ce qu’il est maintenant. Les groupes remplissent à eux seuls la moitié du stade. Les groupes ont toujours participé à aider l’OM. En 1992/93, suite aux difficultés financières de l’OM, il a été décidé lors d’une réunion de Tous les Clubs de Supporters d’organiser une collecte intitulée « le Défi Marseillais ». Une vaste campagne de soutien lancée à Marseille et dans toutes les régions. La somme totale récoltée pour le défi marseillais s’élevait à 400.000 francs dont 200.000 Francs recueillis par le CCS (150.000 F pour le CCS Marseille et 50.000 F pour les sections du CCS. A l’occasion de la remise des chèques par les sections, le CCS a organisé une réception au Club Pernod le 3 novembre 1993.

Certes de nos jours, il est plus difficile d’aider financièrement l’OM. Avec un budget de 125M d’euros, il est difficile de lutter. D’autres actions ont été menées, mais il faudrait presque écrire un livre.  


ccs

  LA SITUATION ACTUELLE 

Alors quel 1er bilan faisons-nous à ce jour, l’Olympique de Marseille n’est plus une association, elle est devenue une société à part entière, une société business. Les rapports ne sont bien entendu plus les mêmes. Les groupes ne font plus partis de la vie associative de l’OM, ne participent plus à la vie de l’OM, ne sont pas conviés aux soirées de fin de saison … Cette étiquette « groupe de supporters » ne nous ouvre pas toutes les portes comme certains le croient, bien au contraire. Nos recommandations, nos remarques, nos revendications ne sont pas tout le temps entendues, c’est peut être pourquoi, ils ressortent sous forme de message dans les tribunes, ou dans la presse. Peut être que s’il y avait plus de discussions réelles et sincères, cela ne se passerait pas de la même manière. Peut être que si certaines décisions n’étaient pas imposées par la force, cela arrangerait les choses. Mais nous sommes certainement trop idéaliste.

Nous sommes très souvent critiqué dans les médias, on nous incombe tous les problèmes, certaines rumeurs ne sont pas contredites par l’OM, nous avons l’impression d’être parfois le bouc émissaire. Bien que finalement, ils adorent car cela leur fait un article de plus sur l’OM. Alors oui, de temps en temps, certains groupes vont trop loin, ce n’est pas pour autant que tous les groupes en sont responsables, ni tous les adhérents. Les sanctions faites par la LFP ne sont pas justes, les huis clos des virages pénalisant plus de 25000 personnes sont inadmissibles. Les abonnés virages sont toujours assimilés à des hooligans, cela devient presque de la discrimination, mais ils n’ont pas conscience que vous êtes des supporters de toutes origines, enfants, étudiants, employés, chef d’entreprise, chef de famille, grands parents, retraités… , que vous n’êtes pas tous responsables des débordements. On se croirait à l’école quand toute la classe est punie parce qu'ils ne sont pas arrivés à trouver les responsables, ou qu’ils ne veulent pas. Cela devient navrant.

Alors certains sont toujours en train de critiquer les groupes, mais ils ne sont pas conscients de tout l’investissement humain que cela peut déployer. C’est notre passion, mais c’est aussi notre travail et c’est aussi pour certains une vie familiale mise à l’écart. Les groupes font un énorme travail pour l’Olympique de Marseille et cela représente un important gain financier pour l’OM et une promotion gratuite dans toute la France et dans le Monde.

  • Nos adhésions :

nous avons tous commencé sur des feuilles ou des cahiers, et nous nous sommes tous adaptés à l’évolution de la société, à l’évolution technologique. Nous nous adaptons régulièrement pour faciliter les inscriptions de nos adhérents. Nous avons tous investis dans le matériel informatique, imprimante, photocopieur, tpe pour les cartes bancaires… Nous avons tous maintenant des sites internet. Tout ceci sans aucune aide de l’OM.

  • La vente des abonnements et de la billetterie :

8 locaux de groupe sur Marseille + tous les autres points de vente de nos sections/antennes extérieures qui représentent pour l’OM un gain sur les loyers des locaux, sur les frais de fonctionnement, sur des salaires…mais surtout des distributeurs et des partenaires gratuits

  • Les déplacements extérieurs :

tous les groupes prennent des risques financiers pour louer, affréter cars, trains, avions. En cas de détérioration, ce sont les groupes qui doivent payer l’addition, en aucune manière l’Olympique de Marseille. Les assurances ne couvrent pas tout, et des cautions nous sont demandés. L’OM ne veut surtout pas gérer. Mis à part le côté financier, lorsque vous devez remplir et organiser le déplacement de 1000 personnes pour un tgv en un minimum de temps, cela demande également un investissement personnel non négligeable.

  • L’animation :

le CCS a participé à certains tifos communs, nous en avons fait quelques uns individuel, mais il faut reconnaitre que certains groupes font des tifos magnifiques, gigantesques qui représentent une dépense encore économisée par l’OM. Les matériels pour les sonos, tambours, mégaphones, banderoles… sont à la charge des groupes. De plus, la réglementation changeante, les voiles/banderoles doivent être ignifugées dans certains stades, ce qui fait exploser le budget. Nous remercions quand même la participation de l’OM pour les installations électriques du stade, et pour les locaux pour stocker le matériel. L’OM a également participé à certains tifos, mais c’est surtout quand ils veulent en mettre plein la vue au niveau médiatique, comme lorsque nous avions fait le tifo dans tout le stade. Mais, il ne faut pas oublier les petites mains bénévoles qui sans elles, les papiers tifos ne seraient pas réalisables. Il ne faut pas oublier non plus les personnes qui rentrent 5h avant le début du match pour préparer toutes ces animations. Alors quel serait le budget, si l’OM passait par une société d’évènementiel pour vous faire l’animation ? Et qu’elle en serait vraiment les répercussions sur l’engouement des supporters pour venir voir les animations par rapport à celles des groupes ? Que nous chanteraient ces intervenants ?

  • Le social :

nous sommes des associations, et nous sommes là pour nos adhérents. Que deviendraient les supporters sans ce lien, des simples numéros, des simples clients qui sont justes là pour payer leur abonnement et leur place. Nos locaux sont des lieux de rencontres, des lieux conviviaux où les supporters se retrouvent, se réunissent, discutent foot, et de biens d’autres choses.

Que propose l’OM à ses abonnés, ses clients ? Certains groupes souhaitaient une maison des supporters depuis de nombreuses années. Nous avions l’espoir de l’obtenir avec le nouveau stade, mais ce projet est tombé à l’eau. Une salle nous a été proposée, mais tellement ridicule qu’elle est inexploitable, voire dangereuse. Ah oui, pardon, il y a des salons vip mais uniquement pour une certaine catégorie de supporters, plutôt de clients. Notre étiquette groupe est encore bien là, nous sommes des gens qu’il ne faut pas mélanger, et qui ne sont peut être pas assez intéressants au niveau business. Il ne faut pas oublier non plus, les tifos que peuvent faire les groupes pour d’autres associations, ou pour certaines causes, les lotos, les petits dons, la possibilité de faire rentrer des jeunes qui n’ont pas les moyens de se payer un match et qui sont ravis de pouvoir aider, et toutes autres actions sociales.

En fait, ce que l’OM et d’autres non pas compris, c’est que tout ce système qui a été mis en place depuis plus de 30 à 40 ans fonctionne très bien et tout ce que nous proposons est lié. Mais peut être justement qu’il fonctionne trop bien ? La perte des abonnements va nous retirer une partie de ce lien social. Les adhérents eux mêmes râlent de ce nouveau système qui complique. Nous avons tous des défauts et des qualités, nous sommes tous meilleurs dans certains domaines que d’autres, nous fonctionnons tous plus ou moins différemment, nous avons tous une mentalité différente. Alors il fallait au contraire améliorer ce système, aider chaque groupe à être meilleur là où il ne l’est pas, marquer justement notre différence par rapport aux autres clubs. Mais non, c’est plutôt, un grand ménage qui a été décidé.

Mais ce grand ménage n’a pas commencé par nous, on pourrait même penser qu’il est en place depuis quelques années. A t’il commencé lors de l’arrivée de Vincent Labrune en tant que Président ? Peut être même lorsqu’il était au conseil de surveillance. Nous n’allons pas énuméré tout ce qui pourrait être dans cette machine à laver infernale, mais finalement nous ne pouvons que constater le départ d’un Président apprécié par les supporters, sans le nommé, qu’il n’y a plus de directeur sportif, que le directeur de la sécurité a été mis au placard, les départs de pas mal de joueurs, les départs et les remaniements d’entraineurs et du staff technique et médical…..et maintenant l'OM s'attaque à l'association OM présidée par Jean-Pierre Foucault.
Où en est-on à ce jour ? A cette situation catastrophique de l’OM. Un club fantôme, un club en déficit dû au mauvais fonctionnement de ses dirigeants, aux détournements d’argent que nous avons pu apprendre dans la presse (Le canard enchainé) environ 64M d’euros, aux médiocres résultats sportifs et à la mentalité de certains joueurs qui non plus la passion de jouer au football.
Alors oui, nous ne pouvons qu’être déçu, scandalisé de cette situation indigne pour l’OM, qui nous a presque valu une descente en ligue 2 cette saison.
Nous sommes là depuis de nombreuses années pour soutenir notre équipe, et nous avons l’impression que certains dirigeants veulent finalement tout détruire. Reprendre la main sur les abonnements n’arrangera pas tout. Les problèmes qui sont dans les tribunes resteront les mêmes. Et faire croire aux gens que l’OM perd de l’argent à cause des groupes au niveau de la billetterie ou des abonnements est faux, tout ce que nous prenons est payé. De plus, les premiers prix des tribunes sur lesquels nous n'avons pas le droit de dire quoi que ce soit sont maintenant identiques à celui des virages. La face cachée de ce manque à gagner est en fait les tarifs qui vont certainement bientôt augmenter, pas cette saison bien sûr, mais incessamment sous peu. Alors oui, les supporters sont partagés entre un investisseur qui pourrait amener l’OM à un niveau bien supérieur mais avec une contre partie tarifaire, un stade aseptisé avec des places assisses et numérotées dans tout le stade, avec des banderoles publicitaires dans toutes les tribunes….Les supporters se posent la question s’ils pourront toujours se payer un abonnement pour venir au stade comme à Paris, que ce soit en virage et même en tribune. Ils ont peur de ce que va devenir l’âme du vélodrome.

Si nous revenons sur le match OM-Lyon du mois de septembre qui a été le déclencheur de la convention entre l’om et les groupes. Nous ne pouvons que nous questionner sur ce qui s’est passé. Nous savions tous que ce serait un match assez chaud, tous les marseillais en parlaient. Mais ce que nous avons constaté c’est que la sécurité n’a pas pris les devants, ils se sont faits dépassés ou l’on peut être fait exprès, et comme par hasard certaines caméras étaient en panne. Les projectiles sont partis de toutes les tribunes et non pas que des virages. Les dirigeants n’ont soit disant pas vu l’ampleur néfaste que ce match prenait à la télévision, et ne sont donc pas intervenus pour calmer le jeu dans les tribunes, ils ont laissé faire.
Alors oui c’est inadmissible d’assister à un match dans ces conditions, mais ce sont encore les supporters des virages qui ont été incriminés et donc les groupes de supporters. L’ampleur de la situation nous a donc valu ce projet de convention, mais ce projet était déjà en place. Nous avons appris que cela faisait plus de 2 ans qu’ils travaillaient dessus.
Ce qui a été le plus scandaleux dans cette histoire, c’est nous faire croire que nous allions entamer des discussions, des groupes de travail, alors que notre sort était déjà scellé. Signez ou partez. Ce sont les manigances, les mensonges de l’OM pour diviser chaque groupe de supporter. Ce sont les propositions faites à certains au départ avec la mission d’influencer les autres à signer.
La LFP ainsi que les pouvoirs publics y ont participé également en modifiant réglementation et lois. Jusqu’alors un club avait le droit de choisir ses distributeurs. Ils se sont arrangés pour qu’une association n’est plus le droit, mais que seules des sociétés et même des CE puissent le faire. Des personnes qui finalement vont vendre un produit qu’ils ne connaissent pas. Des organismes qui ne seront là que pour le profit et qui se moquent des gens qui ne connaissent pas le fonctionnement du calendrier et des dates de modification des matchs entre le vendredi soir et le dimanche soir. Combien de personnes se font avoir, ils achètent des places, réservent train, avion, hôtel et apprennent à la dernière minute que le match est décalé. Une date affichée en gros sur les billets, ou sur les sites y compris celui de l’OM, et une annotation minuscule indiquant « date et horaire sujets à modification », bien entendu sans remboursement possible.

Les premiers projets de convention nous mettaient toutes les responsabilités pour nous détruire petit à petit. Nous perdions les abonnements, les billets, nous n’avions plus le droit de mettre aucun message sans accord de l’OM, nous étions obligés d’organiser une animation à chaque match même le plus insignifiant, nous étions responsables de la sécurité dans les virages alors que nous ne sommes pas habilités, nous devions presque fouiller nous même les supporters, nous n’avions plus aucun mot à dire sur les tarifs pour leur laisser libre cours à une augmentation évidente, chaque abonnement non vendu était récupéré définitivement par l’OM la saison suivante, plus aucun flux financier ne pourrait exister, et notre sort était remis en question chaque année.

Les autres groupes ont signé une dernière convention qui ne parlent finalement plus que de la commercialisation. Ce qu’il en ressort c’est qu’ils ont signé par obligation et non pas par conviction, et cette convention fait toujours débats, tout n’est pas réglé. Le CCS ne pouvait pas signer une convention inachevée, un contrat sans connaitre les tenants et les aboutissants. Tout ce que nous savions c’est qu’à la différence des autres groupes, nous perdions en plus la billetterie officielle que nous avions depuis 2000 et nos abonnés dans les autres tribunes Ganay et Jean Bouin, qui nous font confiance pour certains depuis 30 ans. Signer une convention où nos sections ne pourraient plus fonctionner comme avant, où leur investissement financier et personnel serait remis en question. Plus de flux financier signifiait que nous ne pourrions plus acheter les places pour les matchs à l’extérieur et donc ne plus pouvoir organiser les déplacements, ni proposer des places à nos adhérents et nos sections.
Mis à part, les flux financiers, il y avait le problème d’identification des abonnés virages. Les cartes d’abonnement nous étaient vendues avec juste le nom du groupe sur les cartes. Ce qui va changer à partir de cette saison, c’est qu’il va y avoir le nom et un prénom comme pour les abonnés tribunes. L’OM va pouvoir avoir un listing des abonnés. Mais en fait, le fonctionnement ne changera pas, pas de vérification de l’identité des personnes à l’entrée du stade en fonction de la carte, placement libre en virage. N’importe qui pourra donc transmettre sa carte à des copains. Il en est de même pour la vente des billets, les billets vendus ne sont pas nominatifs et peuvent être vendus par quatre ou six. Chaque personne dans le stade ne sera donc pas identifiée. C’est donc un faux problème. La chose qui ressort est finalement un listing commercial. Un listing représentant plus de 25000 clients potentiels, un listing pour l'OM mais pour tous leurs partenaires....

Notre rôle est donc de n’être plus que des animateurs pour le compte de l’OM, c’est bien ce que l’on nous a fait comprendre lors des réunions. Mais avec toujours la clef Damoclès sur notre tête pour le moindre problème. Sauf que nous ne pouvons être responsables de l’attitude de chaque supporter, nous ne pouvons surveiller et être derrière chaque personne.
Le CCS est un groupe de supporter familial, qui n’est pas pour la violence, qui n’a aucun problème avec les pouvoirs publics. Nous ne sommes pas des hooligans, et nous ne voulons pas être mis dans le même panier à cause de cette étiquette « groupe de supporters ». Cette discrimination permanente est pesante pour nous et pour tous nos adhérents.

Ainsi, notre histoire devrait se terminer, le 1er Club de supporters officiel de l'OM va disparaître, non pas parce que nous sommes un groupe de supporters à problème, non pas parce que nous mettons des banderoles ou des fumigènes, non pas parce que nous ne respectons pas les dirigeants et employés de l’OM, mais simplement parce que l’OM a voulu récupérer notre travail et nos adhérents. Combien de fois, l’OM a contacté nos abonnés en ganay et jean bouin pour leur demander pourquoi ils passaient par nous au lieu de s’abonner directement à l’OM.
Finalement, aucune discussion sérieuse, aucune proposition ne nous a été proposé, mise à part cette convention unilatérale. Nous estimons que nous sommes différents, notre association est reconnue et respectée par beaucoup de monde, NOS ADHERENTS EN TEMOIGNENT. Nous attendions de l’OM plus de considération, mais finalement nous ne pouvons que constater que ce n’est pas le cas. Au final, la commercialisation de nos abonnements est récupérée par l’OM, vente du club ou pas. Mais tous les autres problèmes ne sont pas réglés que ce soit au sein des groupes ou au sein même de l’OM.  

Nous avons fais une procédure contre l’OM devant le Tribunal de Grande Instance car nous estimions que notre histoire ne pouvait pas se terminer ainsi, pour Jacques et Simone Pélissier, pour nos sections, pour tous nos adhérents. Le tribunal a rejeté notre première demande, c’est pourquoi nous faisons appel. La date a été fixée en novembre.

signa ccs